Mélanie Brulée


Cornwall, Ont.

Je fais des ateliers, on parle de la dépression, et comment entraîner nos cerveaux pour penser positivement. C’est difficile pour les jeunes. Avec tous les médias, tu ne seras jamais parfait, tout ne sera jamais complètement parfait. […] Étant artiste, je ne suis pas comme une enseignante de 65 ans qui arrive et dit « on va parler de la dépression aujourd’hui ». Il y a plein de rapprochements avec les jeunes, on fait une session de méditation… C’est l’fun, c’est un cadeau!

Installée à Toronto depuis 2012, Mélanie contribue maintenant à bâtir des ponts entre les scènes musicales francophone et anglophone. En plus de ses projets solos, elle a participé à deux albums compilations avec le collectif de femmes artistes torontois Ladies in Waiting, dont elle est une membre fondatrice, en plus d’enregistrer avec le groupe country The Ole Fashion.

Cornwall Toronto 437 km km 1,535 Moncton 450 km 2,262 km St-Claude km 2,079 Winnipeg 1,614 km Meteghan 3,476 km Edmonton

Lever les rideaux sur les coins plus sombres de l’esprit

Pascal Raiche-Nogue

À première vue, le premier album complet de la Franco-Ontarienne Mélanie Brulée, Débridée, lancé en 2015, ressemble à bon nombre d’opus pop issus du monde de la musique émergente canadienne. 

Solide enregistrement, arrangements accrocheurs, paroles épurées et accessibles qui parlent d’amour, de doute et de pensées sombres. Les mélodies sont parfois entraînantes, parfois plus langoureuses. La voix n’est pas poussée trop fort et demeure mystérieuse. 

Ce disque a tous les ingrédients nécessaires pour attirer l’attention des diffuseurs et des programmeurs francophones du pays.

Mais quand on commence à gratter un peu sur le parcours de Mélanie Brulée en lisant des entrevues qu’elle a accordées depuis le lancement de l’album, on réalise vite que cette œuvre est plus qu’un simple disque bien produit. 

C’est que le père de cette auteure-compositrice-interprète, qui était entraîneur de chevaux, s’est enlevé la vie alors qu’elle était jeune. Elle ne l’a appris que plusieurs années plus tard, alors qu’elle était en pleine production de Débridée

Lorsqu’on l’apprend, on réalise que des références à cet événement tragique sont là, dans son album, à deux doigts de notre nez. Ça crève les yeux. 

Il y a d’abord le titre de l’album, qui fait référence à la liberté, à l’émancipation… et aussi aux brides que l’on enfile aux chevaux. 

Et puis sur la pochette, on voit une femme à tête de cheval et portant des ailes. Elle se balance comme une petite fille qui tente de s’envoler pour échapper à ses soucis, pour aller ailleurs. 

Les paroles sont elles aussi truffées de références à la dépression, aux doutes et aux coins plus sombres de l’esprit. On imagine que cela prend un certain courage. 

La dépression, le suicide et les idées noires sont abordés régulièrement par des artistes, mais bien des créateurs préfèrent enfouir les références à ces thèmes dans leurs œuvres et se garder de braquer les projecteurs dessus. Pas Mélanie Brulée. 

Par exemple, dans « Antidote du doute », elle s’ouvre et parle de ce qui se passe dans sa tête. « J’avoue j’ai des recoins foncés, j’ai rangé mes regrets dans une armoire bien verrouillée, on a de tout pour tous les maux, mais j’ai perdu ce qu’il me faut », chante-t-elle. 

Elle en rajoute un peu plus loin dans cette pièce. « L’intuition est subtile et les fenêtres sont fragiles. Trop longtemps à l’intérieur, j’ai laissé faner les fleurs. »

Cette artiste originaire de Cornwall et Torontoise d’adoption ne passe pas par quatre chemins pour parler de santé mentale, c’est clair.  

Son aptitude à parler de sujets difficiles, mais essentiels, lui sert d’ailleurs à l’extérieur des cabines vitrées des studios et loin des projecteurs des scènes, puisqu’elle donne des ateliers sur la santé mentale aux jeunes dans les écoles. 

C’est une preuve de plus, s’il en fallait une, qu’elle ne craint pas de plonger le bras dans des eaux glaciales pour, qui sait, aider des gens à remonter à la surface en refusant de tourner le dos aux questions qui dérangent, qui rendent mal à l’aise. 

Au-delà de cette dimension de son art que l’on ne peut ignorer et qui joue un rôle déterminant dans son identité artistique, cette membre de la relève francophone sait s’entourer. 

Il y a évidemment sa complice Anique Granger, une autre artiste francophone de la relève avec qui elle a collaboré à l’écriture de certains textes. 

Mélanie Brulée, une habituée de la scène culturelle qui a œuvré à la fois sur les planches et derrière les rideaux à Toronto au cours des dernières années, a aussi retenu les services de collaborateurs chevronnés en studio, à la réalisation et aux arrangements de son plus récent album. 

On peut entre autres penser à Benoît Morier (Chic Gamine, Geneviève Toupin et marijosée), à James Robertson (Lindi Ortega et Paul Rodgers) et à Gary Craig (Bruce Cockburn et Lindi Ortega).

Bref, elle a beau parler de dépression, de solitude, de doutes et du mal de vivre dans ses pièces, elle ne s’est pas isolée pour produire Débridée

Elle a une équipe solide qui l’amène à produire des chansons de plus en plus solides. Son univers sonore gagne en profondeur ces dernières années. 

Si elle continue sur cette voie, elle finira par se tailler une place enviable dans les palmarès francophones au pays. 

Pascal Raiche-Nogue www.acadienouvelle.com

Chef de bureau aux affaires publiques de l’Acadie Nouvelle.

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Balade panoramique avec Mélanie Brulée


Joignez-vous à Mélanie Brulée et découvrez avec elle des recoins de la ville sur l’air de sa version personnelle de la pièce « Balade à Toronto ». Regardez la vidéo sur votre téléphone et tournez (littéralement!) pour visionner le tout en profitant de l’effet à 360 degrés, ou utilisez simplement votre souris pour naviguer dans l’espace. Vous ne pourrez pas visionner le tout sur votre téléphone sans passer par l’application Facebook. Veuillez aussi noter que les fureteurs Safari et Explorer ne soutiennent pas la vidéo 360. Cliquez ici pour y accéder.

Entrevue Web


La Franco-Ontarienne nous parle du suicide de son père et nous raconte comment elle espère inspirer une génération de jeunes en embrassant la cause de la santé mentale, en plus d’aborder sa rencontre avec Anique Granger, une bonne amie et précieuse collaboratrice.

Musique

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